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Blandine Solange

Au Théâtre de la Tempête
2012-2013 : Exposition d'une femme



Blandine Solange (1957-2000) est telle qu’elle se raconte dans Inoculez-moi encore une fois le sida et je vous donne le nom de la rose, une lettre à son psychanalyste, inachevée, qu’elle destinait aussi à la publication.  

Le 20 octobre 2000, âgée de 43 ans, Blandine Solange se pend dans son appartement de Francfort.
Avant ce jour, il y eut d’autres tentatives de suicide, la maniaco-dépression et la mélancolie, la chimie, une analyse puis une psychothérapie, les internements. Il y eut l’art : les Beaux-Arts de Marseille d’abord, où elle rencontre Ben « le Niçois médiatique », puis les performances scandaleuses et solitaires dans les rues de Marseille, enfin les nus, des hommes qu’elle entraîne chez elle, paie et peint en érection, cherchant à figurer à travers ces multiples objets de désir l’éclatement de son désir propre, qu’elle assouvit ensuite. Défis, actes subversifs, excitation fébrile et fantasmes : Blandine Solange ne peut comprendre la place à laquelle, en tant que femme, on lui dit être assignée - un objet du désir, précisément, qui ne saurait parvenir au plaisir que par le consentement amoureux. Le sexe donc, et l’amour aussi - mais les deux semblent incompatibles - avec l’homme qu’en 1990 elle suit en Allemagne.

Bien avant encore, il y eu l’enfance dans un village vosgien, au sein d’une famille ouvrière, l’absence du père, le catéchisme, puis contre ses parents le choix opiniâtre de poursuivre des études et ainsi d’échapper à l’usine - mais elle n’échappa jamais aux difficultés matérielles, se condamnant à des emplois de vendeuse ou de caissière avec des salaires misérables.

C’est tout cela que Blandine Solange raconte dans cette lettre, entre sentiment de défaite et de puissance, en butte aux contradictions tant sociales que psychiques, luttant tragiquement pour s’en affranchir.

Dans la postface, son psychanalyste tente de répondre à cette lettre, et en particulier à la question lancinante de l’auteur : « Si ce n’est pas de la folie, alors de quoi s’agit-il ? »

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