La nouvelle de Joseph Conrad, Un avant-poste du progrès, traite, non sans humour, des prémices de la colonisation en Afrique centrale. Une compagnie décide d’adapter ce récit pour la scène : c’est « Le Projet Conrad ». Nous sommes en 2008, au moment des “primaires” américaines ; le candidat démocrate vient d’être désigné. Nourri de discussions et d’exercices, éclairé de réflexions historiques, le travail théâtral entre en résonance avec la situation présente des anciens colonisés et colonisateurs. Le théâtre est en train de se faire et les nerfs sont à vif… Enfin survient la représentation : comme dans un laboratoire d’anthropologie, se découvrent les figures et fonctions emblématiques de l’entreprise qui, au nom du progrès, fut menée par l’Occident chrétien : un tableau implacable et aussi bien drolatique, dont le pardon est exclu. Le projet est abouti et déjà se profile la victoire de Barack Obama, mais les esprits et les cœurs ne sont guère apaisés. Une question demeure : quel chemin pour les enfants issus de cette fracture historique ?
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