texte et mise en scène
Elsa Agnès
Marie et Giovanni travaillent comme gardienne et gardien dans un musée à Venise. Le temps est suspendu et dehors l’eau monte. C’est l’acqua alta.
GIOVANNI. – À cette heure là, dans la nuit, je me demande ce qu’on doit voir. Le blanc des nuages doit traverser l’obscurité. Quand je garde la salle, je fixe l’encensoir que la femme agite dans les airs, au-dessus de ma tête, j’ai l’impression que les cendres noires vont sortir du tableau et se déverser sur moi.Chaque jour, Violaine, une visiteuse inconnue vient admirer les toiles de la Renaissance italienne. Dans le musée imaginaire d’Elsa Agnès, le trivial côtoie le sublime, l’humour se mêle à la poésie. On passe sans transition de la salle de repos et de la machine à sandwichs triangulaires aux images de Narcisse, Bacchus ou encore de la Madeleine repentante du Caravage. Toutes les passions humaines défilent sur les tableaux faisant écho aux pulsions endormies, aux imaginaires affamés de ces trois solitaires. Giovanni emprunte les habits des figures peintes et parfois tous se mettent à ressembler aux toiles qui les environnent, comme si elles déteignaient sur eux. Le jeu de miroirs entre ces regards qui se croisent et s’échangent, l’émotion suscitée par les tableaux du Caravage ou de Bellini, suffiront-ils à réenclencher chez eux un mouvement salvateur, un sursaut ? Sans cesse ils s’approchent du bord de la falaise, de ces moments où tout peut chavirer, se demandant comment expier le chaos qui les habite. Est-il possible de trouver sa juste mesure ?
Distribution
avec Elsa Agnès, Matteo Renouf, Catherine Vinatier collaboration à l’écriture et à la mise en scène Adèle Chaniolleau costumes Marie La Rocca scénographie Aliénor Durand lumières, vidéo Thomas Cany son Auréliane Pazzaglia construction du décor Atelier décor du ThéâtredelaCité réalisation des costumes Atelier costumes du ThéâtredelaCité – Nathalie Trouvé travail vocal, voix Jeanne-Sarah Deledicq réalisation de la tête de Goliath Gwendoline Bouget régie générale, régie lumières Arno Seghiri stages assistanat à la mise en scène Perrine Magne, Amélie Garcia-Dupuis voix audioguide Florian Onnéin habillage Esther Amilien régie son Camille Gateau régie plateau ArNo Seghiri, Mohamed Rezki, Vivien Simon musique enregistrée chant choral des élèves de la classe de la Comédie promotion 25-27, chant de Jeanne-Sarah Deledicq, trombone de Thomas Cany audiodescription AccèsCulture
Nos plus vifs remerciements à Guillaume Figiel Delpech.
listes des tableaux du musée imaginaire de la pièce
Portrait du jeune homme dans son cabinet de travail de Lorenzo Lotto
La Madeleine repentante du Caravage
David tenant la tête de Goliath du Caravage
Marthe et Marie-Madeleine du Caravage
La Vierge à l'enfant entre sainte Catherine et Marie-Madeleine de Giovanni Bellini
Bacchus du Caravage
Judith et Holopherne du Caravage
Portrait d'une jeune femme appelée Antea de Parmigianino
Production
production Comédie – CDN de Reims ; en coproduction avec le Théâtre des 13 vents – CDN de Montpellier ; avec la participation artistique du Jeune Théâtre National ; avec le soutien de l’Atelier de construction décors et de l’Atelier de costumes du ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie ; en coréalisation avec le Théâtre de la Tempête. production/diffusions Magali Dupin, Inès Beroual. presse AlterMachine – Elizabeth Le Coënt, Erica Marinozzi
- mardi > samedi 20h30 // dimanche 16h30
- relâche les lundis
- salle Adrien
- durée estimée : 1h30
- vendredi 3 avril : représentation avec audiodescription et visite tactile à 19h (nombre de casques limité, réservation à rp@la-tempete.fr)
Télérama 1er avril 2026 "Portée par une scénographie épurée, la mise en scène d'Elsa Agnès, d'une grande méticulosité, permet aux personnages de passer d'un espace à un autre avec fluidité et aux dialogues de s'enchevêtrer de manière claire." | L'Humanité 27 mars 2026 "Violaine et ses nouveaux amis finissent par passer toute une nuit au musée, et c’est au moins aussi étonnant que la collection littéraire lancée par les éditions Stock en 2018, qui propose à des auteurs de passer une nuit inspirante dans un musée déserté du public." | Cult.News 27 mars 2026 "Au-delà de toute mesure est une magnifique hymne à l’art et à la lumière, entrelaçant, à la manière de la scolastique de la fin du Moyen Age, une multiplicité de niveaux d’interprétation." | Libération 23 mars 2026 "La galerie de portraits d'Au-delà de toute mesure, d'une fantastique élégance contemplative, bouleverse le regard pourtant à demi aveugle du spectateur." | Revue Pleins Feux 18 mars 2026 "Elsa Agnès fait des œuvres de la Renaissance que côtoient ses personnages l’étincelle à même de raviver la joie et la passion, et propose de retrouver, dans un monde qui le menace, une camaraderie sensible avec l’art comme modalité d’existence." | SceneWeb 17 mars 2026 "Au-delà de toute mesure, Elsa Agnès signe un premier spectacle au charme étrange. Sur scène avec les excellents Catherine Vinatier et Matteo Renouf, elle déploie une fable absurde située dans un musée imaginaire où la rencontre entre peinture et théâtre vire à l’utopie." | Télérama 11 mars 2026 TTT "Gardiens dans un musée de Venise, Marie et Giovanni voient dans les œuvres qu'ils côtoient une façon de s'évader d'une vie qu'ils n'osent pas investir pleinement…" | La Terrasse 16 mars 2026 "Elsa Agnès, avec cette première pièce entièrement personnelle, entame un chemin artistique exigeant et ambitieux." | Théâtral Mag 1er mars 2026 [ENTRETIEN] "Les œuvres permettent aux personnages d'échapper à leurs solitudes. Cela se produit petit à petit au cours d'une semaine. Pour faire ressentir aux spectateurs cette sensation de refuge, j'ai voulu que les fenêtres du musée soient très hautes, et tiennent l'extérieur à distance." | La Terrasse 19 février 2026 [ENTRETIEN] "Le choix du musée est d’abord une chose très intime : j’y passe depuis des années beaucoup de temps en solitaire, notamment par amour pour la peinture de la Renaissance." | Coups d'Œil 9 février 2026 "Le musée devient un espace d’observation réciproque. Les gardiens regardent la visiteuse, la visiteuse regarde les tableaux, et le public regarde tout cela. Un jeu de miroirs, vertigineux." | IO/gazette 19 novembre 2025 "Un premier spectacle à la dramaturgie particulièrement délicate, et dont l’humour, d’apparence inoffensive, recèle une étrangeté, parfois même une noirceur salutaire." | Hottello 14 novembre 2025 "Pour la conceptrice, des êtres "de chair et de sang, rencontrés dans les rues, la nuit, donnent aux toiles une incarnation réaliste et saisissante". Visiteurs d’un jour, nous sommes confrontés à l’éveil d’une réalité brute.." |