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d’après Anton Tchekhov 

mise en scène Clément Poirée

Furieux, Vania entre pistolet au poing. Il tire plusieurs fois sur son beau-frère et le rate. Même scène dix ans plus tôt : furieux, Vania entre pistolet au poing et se met une balle dans la tête… 

CATHY À YANNICK : Le médecin, tu l’écris comme s’il te ressemblait, ce n’est pas juste, il faut l’éloigner de toi, absolument. On veut qu’il fascine, pas qu’il amuse ou qu’il attendrisse. Ne roule pas tes textes dans le sucre ! 


Tchekhov a écrit deux versions d’une même histoire. Une famille – un monde – se consume, se laisse dévorer par le démon de la destruction. La première, Le Génie des bois, est une comédie lyrique, l’amour et la combativité triomphent ; Oncle Vania est un drame sans espoir. Quel écart irréconciliable ! Que de mystères ouvrent ces variations ! En les confrontant se révèle une troisième histoire. Celle des mouvements intimes de l’âme de son auteur. Pour mettre en jeu ce cheminement, oublions Tchekhov. Imaginons un couple de scénaristes qui s’isolent pour écrire « Vania ». Ils se complètent, se contredisent, réécrivent certaines scènes. L’imagination gagne, les murs s’écartent. Les personnages prennent corps sous nos yeux. Tant bien que mal, l’écriture avance jusqu’au point de rupture : Vania doit-il mourir ? Faut-il un sacrifice pour secouer ce monde ou est-il déjà trop tard ? Les divergences sont trop fortes, chacun écrira sa fin. Vertige insondable de l’écriture au cœur de cette nouvelle création, rêve d’une théâtralité ludique pour mieux célébrer les pouvoirs de l’imagination.

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John Arnold