Saison 2020 - 2021

Edito

« Evidemment : l’horreur, c’est tellement plus facile. L’horreur, on connaît bien, ça emprunte des circuits courts, du ventre au cerveau, hop, c’est joué en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, on est horrifié. Alors que l’amour, ça a l’air simple, comme ça, mais… » Emmanuelle Bayamack-Tam

Le vingtième siècle a trouvé sa chute. Le confinement et son arrêt brutal auront été une incarnation de la fin. Et peut-être auront-ils sonné le glas de nos passions tristes. Tout était comme mort et pourtant nous sommes vivants. La surprise est belle.

Si nous changeons nos regards, désenvoûtés de leurs obsessions morbides, que voit-on ? Les forces de vie qui vrombissent en tous sens, les gens qui ne veulent plus se ranger tête baissée quand passe le cortège des horreurs de notre temps. La sève remonte. Changement de paradigme : la vie reprend ses droits. On ouvre.

Ouvrir, le mot se suffit. On laisse entrer l’air et si le souffle disperse les tracts et les feuilles de salle aux quatre vents, c’est encore mieux. Le désordre et la voltige sont deux bons augures. On laisse entrer la lumière. Les yeux et les bras grands ouverts, prêts à accueillir, à enlacer.

On ouvre sur une saison tressée d’élans vitaux, parfois triomphants, parfois fracassés, toujours lumineux. Seize spectacles divers et pluriels – on a poussé les murs et les jours pour faire place à ceux que nous avons dû annuler – mais à y bien regarder ne s’y joue qu’une seule chose : la vie. Ses élans, ses bouillonnements, ses excès, sa terrible fragilité. La vie, de son triomphe à son agonie, mais toujours la vie.

Pour un théâtre, c’est un paradoxe ; on ouvre pour mieux s’enfermer entre quatre murs. Le plateau est un espace d’attention particulière. Il requiert la concentration. L’artiste montre ce qu’il veut dire aux spectateurs pour mieux le comprendre dans leurs yeux. Un échange de regards. Les points de vue s’étreignent dans un long baiser.

Peut-être que cette attention renouvelée, cette étreinte qui redonne du prix aux choses, est une dissidence aussi tranquille que profonde. S’éloigner des fascinations funestes, se dégager des jugements hâtifs. Épier la beauté et la désirer sans entraves, se passionner pour la nuance. Est-ce désinvolte en ces temps sombres ? La désinvolture… C’est Saint-Simon qui, semble-t-il, l’a introduite dans la langue française. À l’époque, le mot n’a pas la connotation négative d’aujourd’hui, il signifie « d’allure libre et dégagée ».

Alors soit, soyons désinvoltes ! Que cela soit notre manière de voir, un regard libre et dégagé. Portons toute notre attention au monde tel qu’il se transforme : beau, vibrant, exigeant, fragile, hanté par ses fantômes. Après tout, les fantômes de la vie sont --
peut-être comme ceux des histoires, menaçants et effrayants, mais si on tient le coup, si on dompte notre peur, on se rend compte tôt ou tard qu’ils sont le passé et que nous sommes le présent.

Cet espace d’attention particulière qu’est la scène a bien une raison d’être après tout : apprendre à aimer.

Clément Poirée

À la vie !

texte Elise Chatauret, Thomas Pondevie, Compagnie Babel
mise en scène Elise Chatauret

REPRESENTATIONS DE NOVEMBRE ANNULEES

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Élémentaire

texte Sébastien Bravard
mise en scène Clément Poirée

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Hamlet

texte William Shakespeare
traduction et mise en scène Gérard Watkins

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Face à la mère

texte Jean-René Lemoine

mise en scène Alexandra Tobelaim 

création musicale Olivier Mellano

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Roman(s) national

texte et mise en scène Julie Bertin, Jade Herbulot, Le Birgit Ensemble

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On ne paie pas ! On ne paie pas !

texte Dario Fo, Franca Rame 

traduction et adaptation Toni Cecchinato, Nicole Colchat

mise en scène Bernard Levy 

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La Chanson de Roland

un spectacle de Jean Lambert-wild, Lorenzo Malaguerra Marc Goldberg

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SStockholm

de Solenn Denis
création collective Le Denisyak, Faustine Tournan

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Le Nid de cendres

texte et mise en scène Simon Falguières

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Daddy Papillon, la folie de l’exil

texte et mise en scène Naéma Boudoumi

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Où les cœurs s’éprennent / L’Arbre, le maire et la médiathèque

d’après des scénarios d’Eric Rohmer
adaptation et mise en scène Thomas Quillardet

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Aux poings

texte et mise en scène Alix Andréani, Bruno Blairet, Julie Duval

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Cette saison, il y avait aussi...

Alabama Song

texte Gilles Leroy 

adaptation et mise en scène Guillaume Barbot

REPRESENTATIONS DE NOVEMBRE ANNULEES

Les Pièces manquantes (puzzle théâtral)

création collective

mise en scène Adrien Béal 

A l'abordage !

texte Emmanuelle Bayamack-Tam
d’après Le Triomphe de l’amour de Marivaux
mise en scène Clément Poirée

Philip K. ou la Fille aux cheveux noirs

d’après Philip K. Dick
texte et mise en scène Julien Villa